Bandundu : de l’eau potable pour la population d’Ipamu
Ils ont quitté le luxe européen pour venir à la rescousse des populations démunies de la République démocratique du Congo. Eux, ce sont des volontaires français membres de l’Association des pompiers et des hommes (DPDH). Récemment en mission d’évaluation au Congo, ils sont allés palper du doigt les réalités de la population du village Ipamu, dans la province du Bandundu, où ils ont mis sur pied un système efficace de fourniture d’eau potable.
Venus tout droit de la ville de Macon, dans la région de Bourgogne, en France, Jacques Dumont, François Guerin et Thierry Toutan ont bouclé leur séjour en RDC le samedi dernier. Arrivés à Kinshasa une semaine plus tôt, ils ont mené du 22 au 29 janvier une mission d’évaluation au village d’Ipamu, dans le territoire d’Idiofa, où ils ont monté un projet destiné à approvisionner la population de cette contrée en eau potable.
A la fois bailleurs et acteurs de ce projet, les trois sapeurs pompiers français se sont montrés satisfaits de leur initiative qui marche comme sur des roulettes. La plus grande satisfaction vient du fait que le personnel congolais formé pour entretenir le groupe électrogène et les points d’adduction d’eau gère à bon escient les matériels mis à leur disposition. Mieux, la population bénéficiaire, longtemps privée de ces moyens modernes d’approvisionnement en eau potable, se sent soulagée et tâche désormais de consacrer, à des activités lucratives, le temps jadis mobilisé pour aller puiser de l’eau à une source lointaine.
Deux heures de plus pour l’école
«Avant notre projet, relate Jacques Dumont, le président de l’association,les écoliers du village étaient contraints d’aller puiser de l’eau avec leurs mères à une source située à une trentaine de minutes de marche. Au total, ils consacraient plus de deux heures en faisant l’aller-retour, le matin comme le soir. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Avec désormais de l’eau à leur portée, ils passent maintenant plus de temps à étudier. Ils gagnent ainsi plus de deux heures de travail dans leurs écoles. Par ailleurs, leurs mamans n’ont plus à aller loin pour puiser de l’eau».
Autres bénéfices : l’emploi et la modernité. Voulu autonome, le projet génère quotidiennement des ressources qui permettent à cinq agents locaux d’être rémunérés. Il s’agit de trois techniciens qui s’occupent de la maintenance et de la facturation des points d’où la population s’approvisionne en eau, à raison de 50 FC par personne, hormis les invalides, les malades, les enfants... et les personnes de troisième âge.
Ces ressources aident également les deux autres techniciens qui veillent sur le groupe électrogène installé autour de la source pour pomper de l’eau vers le château, placé en plein milieu du village, aux abords du lycée et d’un restaurant local. «La permanence de l’eau permet ainsi de rendre la cuisine beaucoup plus propre, hygiénique, viable et accueillante pour les visiteurs qui fréquentent le restaurant», commente Thierry Toutan, secrétaire de DPDH qui s’est adonné à la formation des cuisiniers congolais.
Genèse du projet
Fiers de leur initiative, les sapeurs pompiers français se sentent stimulés de revenir en RDC. «C’est la plus belle mission que nous avons menée en Afrique, reconnaît François Guerin, Vice-président de DPDH.Bien auparavant, nous avons effectué trois missions au Rwanda, trois autres au Maroc et une au Burundi. En 1989, nous avions remis en état une maternité qui, malheureusement, a été détruite lors du génocide de 1994…».
L’aventure congolaise intervient alors en 2007. En quête de contact pour les guider dans leur mission en RDC, les dix volontaires de DPDH, tous sapeurs pompiers installés à Macon, ont été recommandés vers Me Célestin Tunda, député national. L’ancien responsable de la Congolaise des hydrocarbures (COHYDRO) les aidera, à partir de Kinshasa, à se rendre à Ipamu où les attendait un prêtre congolais, l’abbé Flavien qui avait sollicité leurs services pour les autochtones de son village, privés d’eau.
Solidaires avec les Congolais, les membres de DPDH vont mobiliser 33.000 euros pour se procurer des matériels nécessaires à l’approvisionnement en eau potable du village : un groupe électrogène de 21 KVA, des tuyaux, une citerne pour le château d’eau… Polyvalents, les sapeurs pompiers vont user de tous leurs autres talents pour concrétiser le projet. On les verra ainsi se muer en techniciens, en maçons, en cuisiniers…
Mais, dès leur arrivée en février 2007, ils seront déboussolés par le décès par crise cardiaque d’un de leurs : M. Daniel. La mission va s’arrêter brusquement, sous la demande des autochtones désireux de permettre à leurs bienfaiteurs d’aller enterrer leur collègue. Le projet va reprendre vie trois ans plus tard, en 2010, avec tous les succès récoltés en travaillant en étroite collaboration avec la population locale.




